Justice

projet numérique, interdisiplinaire et collaboratif

24 mars au 9 avril 2022

© Christian Boakye-Agyeman, Guillaume Crico, Nazim Elnur & Stefan Verna

Montréal

Projection vidéo à l’extérieur du métro Saint-Laurent

Du 24 mars au 9 avril, le MAI (Montréal, arts interculturels) présentera 5 groupes d’artistes invités à créer sur le thème JUSTICE, un projet numérique, interdisciplinaire et collaboratif.

JUSTICE a été imaginé et réalisé pour 2 raisons distinctes : Soutenir les artistes en commandant de nouvelles pièces, et leur procurer une plateforme qui leur permette d’envisager ce que signifie la justice selon leur propre perspective, ouvrant de ce fait un dialogue à propos de justice sociale, environnementale, réparatrice et distributive, entre autres formes. JUSTICE a aussi été conçu comme un moyen d’offrir de nouvelles plateformes aux artistes pour présenter leur travail.

En tout, cinq projets ont été soutenus, avec l’implication d’un total de 16 artistes principaux (sans compter les nombreux·ses collaborateur·trices créatif·ves travaillant dans l’ombre). Le son, l’image et les mots s’y fondent avec le politique, le personnel et le poétique. 


Projets

Grawlix

Artistes: James Nicholas Dumile Goddard, Markus Lake, Stacy Lee

Dans cette courte œuvre vidéo, Markus Lake, Stacy Lee et James Nicholas Dumile Goddard travaillent de concert pour manipuler et déformer les idées reçues à propos de la justice, produisant une œuvre qui critique les théories de la justice légale/autoritaire, tout en mettant de l’avant l’espoir d’une alternative fondée sur la communauté et le bien-être individuel. Grâce à l’échantillonnage de sons, de vidéos et de textes, mais aussi de leurs créations propres, ils font usage des symboles de la justice pour poser, mais aussi pour répondre de biais à la question de ce qu’est la justice, de ses origines, et des ceux et celles à qui elle est destinée.  

This Country is Like a Dreamland

Artistes: naakita feldman-kis, Tam Khoa Vu & Yoon Rachel Nam

This Country is Like a Dreamland utilise le paysage sonore, la narration et la superposition de vidéos trouvées (found footage) pour créer une œuvre vidéo tentant de déconstruire et de rendre visible les failles et les spectres du projet colonial, ainsi que ceux propres au développement d’une identité « canadienne », ou à l’élaboration mythologique systémique qui sous-tend l’idée d’un « rêve canadien ».

A SILENT FIRE

Artistes: Christian Boakye-Agyeman, Guillaume Crico, Nazim Elnur & Stefan Verna

Dans ce film où alternent accompagnement musical et vocal, nous combinons le Hip Hop, le spoken word et la danse pour représenter un monde qui grince sous le poids de son passé en tentant maladroitement de saisir son présent. La question à laquelle nous faisons face : Quelle priorité accorder à la justice quand le monde est en feu ? Et qui décide ? En partie diatribe Hip Hop et en partie manif visuelle, ce projet cherche à trouver une représentation visuelle à cette question. Le film sera divisé en un triptyque, dont chaque section sera distinguée par différents styles musicaux, vocaux et visuels. Le motif censure/silence y sera récurrent. Jouant avec l’idée de « faire taire les témoins », nous y chorégraphions la réduction au silence des images, des instruments et des voix, qui sont en jeu dans l’œuvre.

justement (en)raciner

Artistes: Angelina Guo, Jad Orphée Chami & kimura byol lemoine

Cette projection est le résultat d’un travail d’introspection sur notre rapport à la terre d’accueil, soit le sol non cédé sur lequel nous vivons. Bien que nos ancêtres n’aient pas directement participé à sa colonisation, nous bénéficions de privilèges découlant de ce système instauré au détriment des Premières Nations. C’est dans le souci d’établir un pont entre les personnes issues de l’immigration et les personnes autochtones, d’entamer un dialogue entre déraciné.e.s et de réfléchir, de partager nos réalités respectives, que nous nous sommes lancé.e.s dans cette entreprise. En créant ainsi des échos avec nos expériences d’injustice, nous avons souhaité soulever la complexité et la vulnérabilité de cette relation, tout en soulignant les luttes communes et les pratiques artistiques qui nous lient et nous animent. Nous n’avons pas pour autant cherché une « solution », mais avons plutôt envisagé ce projet comme une opportunité d’approfondir nos liens, d’apprendre et de créer ensemble. Au cœur de cette initiative s’est trouvé notre désir de réinterroger notre rapport au territoire déjà modelé par nos parcours d’immigration, de même que d’imaginer de nouvelles pistes décoloniales vers la justice pour les personnes autochtones et racisées.

Vibrer au rythme des changements chroniques / Vibing through the chronicle changes

Artistes: Véronique Picard, Craig Commanda & Emilio Wawatie

Quand on parle de justice, on oublie parfois à quel point la prise en charge individuelle et collective joue un rôle important – pivotal – dans notre capacité à demander justice. Obtenir justice est souvent considéré comme un idéal pour les personnes marginalisées. C’est un peu comme une destination lointaine que nous voulons tous atteindre ; les épreuves, les tribulations de la vie se mettent parfois en travers. La réalité nous rappelle que l’obtention de la justice n’est qu’un rêve, un rêve auquel nous n’avons aucun contrôle. À travers cette projection, nous voulons offrir une vision plus intime de la justice et la regarder à travers des lentilles de guérison, pour rappeler aux autres que notre propre existence est un acte de résistance. Comment la justice se manifeste-t-elle dans la vie des jeunes Autochtones qui naviguent les nombreuses couches d’injustice ? Cette création prend la forme d’une expérience sensorielle à travers des pistes lo-fi, calmes exprimant des idées et des sentiments de justice, de soutien communautaire et de guérison. Une narration sur des sujets précis qui nous touchent aujourd’hui, portée par le son et la musique. Les visuels complètent l’expérience sensorielle ; des couleurs chaudes, apaisantes et plus sombres aideront les gens à se détendre et à s’engager dans l’art de l’écoute. Qu’est-ce que la liberté si elle ne vibre pas au rythme des changements chroniques ? 

Crédits : Comité de sélection : Angie Cheng, Rain Hye, Erika Kierulf, Firas Nassri | Directeur technique : Maxime Monrat | Directrice vidéo (MAI) : Gabrielle Allain | Liaison avec les artistes : Nika Khanjani | Assistant de coordination : Jean Grünewald.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien du fonds d’appui aux travailleurs du secteur des arts et de la musique devant public / programme DCAP de Patrimoine canadien.