DEAD

© Märta Thisner

Force mythique en danse depuis plus de deux décennies, le duo Beauty and the Beast (Amanda Apetrea et Halla Ólafsdóttir) présente DEAD. Une danse dystopique pornographique fusionnant avec de la poésie, de la musique, la beauté des ténèbres, l’entre-deux et le dévoilement des réalités internes et externes. L’exploration de la sexualité, du corps et du genre à travers une esthétique métal, évoquant l’univers de la sorcellerie, convoque tour à tour des moments surprenants de tendresse et des voix de démon. Le pouvoir de la chair et de la luxure, qui peut soulever des montagnes selon le duo, devient une arme. La pièce fait appel au consentement conscient du public. 

Oubliez Madonna, Prince, Elvis, Beyoncé, Whitney et Britney. Halla et Amanda n’ont jamais eu besoin de leurs noms de famille et maintenant elles s’attaquent aux plus grands mononymes de l’histoire et vous époustouflent.

Hotter Than A Pan

© Elise Rose

Faisant appel à une trame sonore conçue par Danielle Brathwaite-Shirley, cet assemblage de danse, de textes et d’actions s’efforce de développer une esthétique de mélancolie et d’aliénation. Celle-ci n’est pas un inhibiteur politique, mais un nexus où une poétique radicale peut proliférer et être légitime. La création va au-delà d’une politique d’identification essentialiste en puisant dans le courant de fonds, l’émotionnel, l’affectif, le non-narratif, le non-linéaire et ce qui met en mouvement. S’efforçant d’amplifier et de maximiser le pouvoir du corps marginal, ce solo expérimente avec les ontologies Noires et Queer. 

Basé-e à Londres au Royaume-Uni, Malik Nashad Sharpe est chorégraphe, performeur-euse et conseiller-ère en mouvement.

 

Real Talk # 2.0: Vectors of Adverse Desires

© Yvonne Portra

Party en boîte à plusieurs étages, manifestation introvertie, concert de popsicle timide, sieste extrême, installation-conférence sur la fausse fourrure, cercle de guérison. Real Talk # 2.0 traite d’écologies érotiques et de dramaturgies opaques en matière de sexe. Faisant appel à l’esthétique queer de boîte de nuit, à la pulsation, au traum-ah et à la collaboration avec l’invisible en tant que source primaire de mouvement dans l’espace, cette création pose la question suivante :  « Au lendemain d’une rupture, comment prenons-nous soin de la blessure? » La musique house palpitera à travers l’espace, se transformant en direct en bain de son temporel et révélant des messages subliminaux de ce qui est en jeu pour nous tous et toutes, encore et encore, seul-es et ensemble.

Chorégraphe, artiste de performance et guérisseur-euse, randy reyes est afro-guatémalien-ne et queer. Né-e dans le New Jersey (territoire Lenage), iel vit actuellement à San Francisco (en territoire Ramaytush Ohlone). 

 

BABYLIFT

© Orfeas Skutelis

Les collages multimédias fragmentés d’Anh Vo sont imprégnés par la terreur et le plaisir des hantises érotiques. Portant le nom d’une évacuation massive d’enfants du Sud-Vietnam vers les États-Unis en 1975 qui a résulté dans la mort de 78 d’entre eux en raison d’un accident aérien, BABYLIFT s’attaque aux séquelles de la guerre du Vietnam (autrement dit la guerre de résistance contre l’Amérique impérialiste). S’efforçant de transformer une histoire masculiniste linéaire en la rendant queer, Vo puise également dans les mémoires culturelles du Mouvement des droits civiques, dans les fantasmes étasuniens en matière de liberté des années 1960 et dans l’activisme de gauche actuel.

Anh Vo est chorégraphe, interprète, théoricien-ne et activiste.  Vietnamien-ne, iel est basé-e actuellement à Brooklyn aux États-Unis.

Gender Diasporist

© Karl Cooney

Gender Diasporist correspond à la mise en oeuvre anticoloniale d’un refus actif. Cette performance interdisciplinaire se penche en direct sur la demande de citoyenneté polonaise faite par Tobaron Waxman, en tant que personne transsexuelle d’ascendance juive. Refusant le caractère colonial de la « loi du retour » en Israël, ainsi que le colonialisme intrinsèque à la citoyenneté canadienne, cette création constitue un acte de solidarité à l’égard aussi bien des LGBTQ+ que des activistes féministes en Pologne, tous confronté-e-s à une violence croissante. Alliant vidéo, photo, performance vocale et artéfacts, ce projet auto-ethnographique fait appel à ce que Waxman appelle « les savoirs transsexuels » afin d’examiner la manière dont les frontières et les concepts en matière de citoyenneté peuvent avoir des conséquences morales et éthiques sur les corps.

empty mountain

© Victoria Hunt

 

… et dans cette forêt

           des multitudes

des multitudes de planètes qui tournent

 

et dans ces planètes

les vies les plus extraordinaires

d’êtres qui n’ont pas encore été

           imaginés par toi

 

empty mountain est une méditation, se remplir puis se vider, se superposer puis se défaire de ses couches. Un moment de repos, d’écho et d’abandon. En tant que membre du public, vous êtes invité-e à assister à la première partie, à la deuxième ou aux deux. Attendez-vous à de la lenteur, de l’espace, de l’expansion et du lâcher prise.

La pratique de Rajni Shah est axée sur l’écoute et la rencontre, qui constituent des actes créatifs et politiques pour iel. Rajni a invité les êtres pluriel-le-s Fili Apothicaire et Ses Seçkin Kaya Çınar pour faire et performer avec iel tout au long d’une année. Cette performance marquera la fin de ce processus.

1+1=0: performances in preparation for death

© Alexandra Gelis

1+1=0: performances in preparation for death est un rituel artistique participatif inspiré par la pratique cérémonielle consistant à laver et à vêtir les personnes décédées – tel que représenté dans le film japonais Departures datant de 2008 – et par le concept Bouddhiste non-dualiste « soi/Soi ». Comme locus de recherche spirituelle et comme une méditation sur la mort à travers des pratiques d’amour qui sont queer, intergénérationnelles et interculturelles, cette installation-rituel permet d’accéder à des textures changeantes et simultanées de significations à travers la perception, les affects et le ressenti énergétique.

[ field ] est une série continue de collaborations en matière de performance et d’installation associant l’architecte et créateur d’installations Brian Smith et l’artiste de performance Coman Poon.

Sheuetamᵁ

© Armance Gallaud

Convoquant la présence d’un être bispirituel dialoguant avec le territoire et un dispositif technologique, Sheuetamᵘ est une installation déambulatoire et sonore créée par l’artiste interdisciplinaire Innue Soleil Launière, qui se déploie continuellement pendant 5 jours. 

Faisant appel à un état de porosité, la performeuse-forêt fait corps avec les êtres végétaux qui l’entourent. Sa relation avec le territoire se décline en chant vocal, sons et images, notamment grâce à une technologie expérimentale reposant sur des capteurs de bio data. 

Entremêlant le passé, le présent et le futur, cette pièce-rituel puissante amplifie la présence Autochtone, déstabilisant le récit de la modernité capitaliste et coloniale. Le public peut s’y immerger à n’importe quel moment de la journée, partir et, s’il le souhaite, revenir.

Jogging

Jogging
© Marwan Tahtah

Hanane, une femme quinquagénaire fait son jogging quotidien dans les rues de Beyrouth pour lutter contre l’ostéoporose, l’obésité et la dépression. Tout en courant, elle revisite ses rêves, ses désirs, ses désillusions. Les effets de cette routine quotidienne sont contradictoires ; elle stimule dans son corps deux hormones : la dopamine et l’adrénaline qui, tour à tour, se révèlent destructives et constructives au sein d’une ville qui détruit pour construire et construit pour détruire. Seule en scène, Hanane, la femme et la mère, dévoile son identité en incarnant différents visages de Médée. Comédienne, auteure, et activiste culturelle, Hanane Hajj Ali est une figure éminente dans la scène culturelle et artistique libanaise.