graveyards and gardens

© David Cooper

Graveyards and Gardens – une installation performative créée et interprétée par la compositrice Caroline Shaw et la chorégraphe Vanessa Goodman – met en scène la beauté de la mémoire du corps, tout en interrogeant l’intimité entre notre environnement et le corps. Cette œuvre théâtrale immersive s’intéresse à la mémoire en tant que processus de reconstruction plutôt que récapitulation exacte d’événements précis. En intégrant et accueillant les diverses élaborations, distorsions et omissions de la mémoire incarnée, les artistes créent des systèmes de performance génératifs; une sorte d’« album vivant » qui se déplie et se replie sans cesse sur lui-même.

Avertissement de déclencheur: légère présence de lumières stroboscopiques

crédits

Co-créatrices/ interprètes/ conception des décors: Vanessa Goodman / Caroline Shaw
Conception des costumes: Vanessa Goodman
Productrice artistique: Hilary Maxwell
Conception sonore: Kate De Lorme/Eric Chad
Directeur technique et concepteur d’éclairage: James Proudfoot
Vidéo: David Cooper
Agent de tournée: Brent Belsher

wampum / ᎠᏕᎳ ᏗᎦᎫᏗ

© Ian-Byers-Gamber

Acte de futurisme indigène, Wampum / ᎠᏕᎳ ᏗᎦᎫᏗ est un projet de musique électronique d’Elisa Harkins. Chantant en langues cherokee, mvskoke et anglaise, Harkins se fait gardienne de la langue, combattant l’extinction tout en créant un beat à faire bouger les têtes. Combinant disco et préservation phonologique, Harkins s’efforce de décoloniser les conceptions de la musique pop, tout en y apportant une représentation autochtone. Dans le cosmos de Harkins, les vinyles pressés et la radio deviennent des outils radicaux pour conserver et transmettre la langue.

Cette performance de Wampum / ᎠᏕᎳ ᏗᎦᎫᏗ fait référence aux ceintures de wampum et au maintien de la paix indigène, ainsi qu’à l’utilisation des perles de wampum comme monnaie chez les Cherokees. ᎠᏕᎳ ᏗᎦᎫᏗ, prononcé « a-de-la di-ga-gu-di », peut être traduit par « monnaie sur un fil ». Cette performance cherche à créer un accord de paix métaphorique entre les spectateur·trices de la pièce, indépendamment des tribus ou de la race.

Interprète : Elisa Harkins | Ingénieur du son : Mark Kuykendall

présenté en cherokee, anglais et muscogee

 

soul whisper

© AdreiI Gere

Soul Whisper, une proposition de la chanteuse, autrice et compositrice québéco-haïtienne Cyndi Charlemagne, est une performance musicale soul jazz où la poésie et le chant se font écho. Ce « murmure de l’âme » est pour Charlemagne une évocation de nos fors intérieurs, du sentiment intuitif qui nous permet de rester en phase avec nous-mêmes, dans les expériences heureuses comme éprouvantes. Les poèmes récités serviront d’exergue aux chansons puisées dans la richesse expressive des répertoires jazz et soul. Oscillant entre complexité et sonorités épurées, mettant en valeur riffs musicaux, agilité vocale et improvisation, la musique de Cyndi Charlemagne dévoile un jeu vocal chargé de sincérité, soutenu par des musicien-ne-s chevronné-e-s. 

american cuck, from plantations to pornhub to breitbart.com (annulé)

Johnny Q

Tout à la fois vidéo multimédia, installation environnementale et performance musicale, American Cuck ausculte la suprématie blanche persistante dans l’imagination pornographique et la psyché de l’État-nation étasunien ainsi que ses effets sur tous les aspects de la Vie Américaine. En particulier, M. Lamar explore la construction de l’homme blanc cocu, celle de l’homme noir qui est l’objet de son obsession, ainsi que leur rapport à tous deux à une culture émergeant de la plantation et entremêlant racisation, désir et violence. Pour Lamar, la construction de la personne noire hypersexualisée dans l’imaginaire blanc continue à mener à la mort noire (black death) au sein d’une société suprémaciste blanche. La personne noire hyper-physique et hypersexualisée dans l’esprit du suprémaciste blanc est source de plaisir et de danger virtuoses. Cette représentation fonde l’identité nationale.

dreamweaver

Dreamweaver
© Emelle Massariol

ANACHNID est une artiste pluridisciplinaire des Premières Nations Oji-crie et Mi’kmaq habitant à Montréal. Première récipiendaire du Prix de l’autrice-compositrice autochtone de la SOCAN, elle explore des styles de musique très dissemblables : du soul à l’électro-pop, de l’indie au trap. On peut entendre son animal totem, l’araignée, tisser sa réponse mordante et résolument politique avec une impertinence franche dans ses morceaux entraînants puis ensuite glisser dans des pistes douces, romantiques et plus poignantes. ANACHNID présente un concert intime en collaboration avec un DJ et un VJ. Rapprochons-nous et emmêlons-nous dans cette toile tout à fait sublime.

shaneera (annulé)

Shaneera
© Camille_Blake

Native du Koweït et habitant Berlin, l’artiste et compositrice Fatima Al Qadiri nous offre son nouvel EP, Shaneera, avec performance audiovisuelle en direct. Véritable lettre d’amour aux icônes queer arabes en cinq morceaux entraînants, l’album aborde l’identité et la performance des genres dans le Golfe. « Shaneera » fait référence à la mauvaise prononciation anglaise du mot arabe « shanee’a » (شنيعة), lequel signifie littéralement « extravagant, vil, odieux, grave et ignoble ». Dans le jargon queer parlé au Koweït et dans certains pays arabes, « Shaneera » est plutôt une figure positive qui défie le genre, sorte de reine maléfique. C’est par le regard qu’on reconnaît une Shaneera.

 

elle's black space mission: an afrodiasporic odyssey

Ellise Barbara, "Black Space"

Ellise Barbara souhaite créer un « espace noir » dénudé de toute racialisation physique ou mentale. Tandis que ses œuvres précédentes fusionnent synthé, pop, R&B et funk, sa nouvelle formation, appelé à juste titre Elle’s Black Space Mission: An Afrodiasporic Odyssey, met uniquement en vedette des musiciens de descendance africaine subsaharienne. Elle’s Black Space Mission: An Afrodiasporic Odyssey nous ramène à l’époque de l’afrofuturisme, un mouvement enclenché par Sun Ra dans les années 1950 mêlant culture noire et thèmes futuristes ou de science-fiction.

La musique de Barbara puise dans son expérience queer de transgenre de couleur. Depuis huit ans, elle compose, enregistre et se produit en tournée. Elle signe plusieurs albums originaux, dont Sexe Machin / Sex Machine (Fixture Records).

dynasty

Hua Li, 'Militant' Stacy Lee

Créée par Hua Li (alias Peggy Hogan), Dynasty est une expérience multimédia vivante qui accompagne son premier album studio du même nom. Appuyée par des projections vidéo de Tyler Reekie, Dynasty évoque le parcours de Hua Li et aborde des thèmes comme les amours mensongères, la dynamique du pouvoir au sein des relations familiales.

Pour exprimer pleinement sa féminité, sa sexualité et ses opinions politiques, Hogan s’est affublée du nom de guerre Hua Li en réaction aux pressions que subissent les femmes de l’univers du jazz de se modeler aux rôles traditionnels genrés. Réputée pour son hip-hop féministe, l’artiste a signé le mixtape The Bound Feat (2013) et l’album Za Zhong (2015).

rainbow twilight

© Julia Gross

La musique d’Elysia Crampton constitue le point central d’une myriade d’influences exprimant la complexité de l’évolution aymara. Étayant opinions politiques radicales et queer, son travail confère aux notions contemporaines de résistance du peuple aymara un univers sonore : un projet de « coévolution », puisant dans toutes les nuances que Donna Haraway attribua à cette expression par l’intermédiaire de Che Gossett, emblématique partisan de l’abolition des prisons.

Composé en l’honneur de la révolutionnaire Bartolina Sisa, son album Demon City a été qualifié « d’œuvre magistrale » par le Rolling Stone, et le Pitchfork l’a inclus dans sa liste des 20 meilleurs albums de musique expérimentale de l’année 2016. « Son dernier opus, Spots y Escupitajo, nous entraîne dans un foisonnement de schémas caractéristiques et fragmentés. »

plateaux : voyage du rio de la plata à l’altiplano, frontières d’amérique latine

Plateaux - Geneviève Liboiron + Daniel Anez Garcia © Andrés Salas

Plateaux : Voyage du Rio de la Plata à l’Altiplano… est une invitation à découvrir des musiques contemporaines issues d’Argentine et de Bolivie. De Buenos Aires à La Paz, un répertoire qui prend racine dans l’histoire de ces pays d’Amérique du Sud marquée par les dictatures et par l’héritage des peuples natifs. Un périple musical interprété par trois instrumentistes : le duo WapitiGeneviève Liboiron (violon) et Daniel Áñez Garcia (piano) – et Émilie Girard‐Charest (violoncelle); un concert déambulatoire jalonné d’installations vidéographiques signées Andrés Salas.

Wapiti s’est produit notamment au Centro Nacional de las Artes à Mexico et, à Montréal, au festival Montréal/Nouvelles Musiques de la Société de Musique Contemporaine du Québec (SMCQ).