Dreamweaver

Dreamweaver
© Emelle Massariol

ANACHNID est une artiste pluridisciplinaire des Premières Nations Oji-crie et Mi’kmaq habitant à Montréal. Première récipiendaire du Prix de l’autrice-compositrice autochtone de la SOCAN, elle explore des styles de musique très dissemblables : du soul à l’électro-pop, de l’indie au trap. On peut entendre son animal totem, l’araignée, tisser sa réponse mordante et résolument politique avec une impertinence franche dans ses morceaux entraînants puis ensuite glisser dans des pistes douces, romantiques et plus poignantes. ANACHNID présente un concert intime en collaboration avec un DJ et un VJ. Rapprochons-nous et emmêlons-nous dans cette toile tout à fait sublime.

Shaneera

Shaneera
© Camille_Blake

Native du Koweït et habitant Berlin, l’artiste et compositrice Fatima Al Qadiri nous offre son nouvel EP, Shaneera, avec performance audiovisuelle en direct. Véritable lettre d’amour aux icônes queer arabes en cinq morceaux entraînants, l’album aborde l’identité et la performance des genres dans le Golfe. « Shaneera » fait référence à la mauvaise prononciation anglaise du mot arabe « shanee’a » (شنيعة), lequel signifie littéralement « extravagant, vil, odieux, grave et ignoble ». Dans le jargon queer parlé au Koweït et dans certains pays arabes, « Shaneera » est plutôt une figure positive qui défie le genre, sorte de reine maléfique. C’est par le regard qu’on reconnaît une Shaneera.

 

Elle’s Black Space Mission: An Afrodiasporic Odyssey

Ellise Barbara, "Black Space"

Ellise Barbara souhaite créer un « espace noir » dénudé de toute racialisation physique ou mentale. Tandis que ses œuvres précédentes fusionnent synthé, pop, R&B et funk, sa nouvelle formation, appelé à juste titre Elle’s Black Space Mission: An Afrodiasporic Odyssey, met uniquement en vedette des musiciens de descendance africaine subsaharienne. Elle’s Black Space Mission: An Afrodiasporic Odyssey nous ramène à l’époque de l’afrofuturisme, un mouvement enclenché par Sun Ra dans les années 1950 mêlant culture noire et thèmes futuristes ou de science-fiction.

La musique de Barbara puise dans son expérience queer de transgenre de couleur. Depuis huit ans, elle compose, enregistre et se produit en tournée. Elle signe plusieurs albums originaux, dont Sexe Machin / Sex Machine (Fixture Records).

Dynasty

Hua Li, 'Militant' Stacy Lee

Créée par Hua Li (alias Peggy Hogan), Dynasty est une expérience multimédia vivante qui accompagne son premier album studio du même nom. Appuyée par des projections vidéo de Tyler Reekie, Dynasty évoque le parcours de Hua Li et aborde des thèmes comme les amours mensongères, la dynamique du pouvoir au sein des relations familiales.

Pour exprimer pleinement sa féminité, sa sexualité et ses opinions politiques, Hogan s’est affublée du nom de guerre Hua Li en réaction aux pressions que subissent les femmes de l’univers du jazz de se modeler aux rôles traditionnels genrés. Réputée pour son hip-hop féministe, l’artiste a signé le mixtape The Bound Feat (2013) et l’album Za Zhong (2015).

Rainbow Twilight

© Julia Gross

La musique d’Elysia Crampton constitue le point central d’une myriade d’influences exprimant la complexité de l’évolution aymara. Étayant opinions politiques radicales et queer, son travail confère aux notions contemporaines de résistance du peuple aymara un univers sonore : un projet de « coévolution », puisant dans toutes les nuances que Donna Haraway attribua à cette expression par l’intermédiaire de Che Gossett, emblématique partisan de l’abolition des prisons.

Composé en l’honneur de la révolutionnaire Bartolina Sisa, son album Demon City a été qualifié « d’œuvre magistrale » par le Rolling Stone, et le Pitchfork l’a inclus dans sa liste des 20 meilleurs albums de musique expérimentale de l’année 2016. « Son dernier opus, Spots y Escupitajo, nous entraîne dans un foisonnement de schémas caractéristiques et fragmentés. »

plateaux : voyage du rio de la plata à l’altiplano, frontières d’amérique latine

Plateaux - Geneviève Liboiron + Daniel Anez Garcia © Andrés Salas

Plateaux : Voyage du Rio de la Plata à l’Altiplano… est une invitation à découvrir des musiques contemporaines issues d’Argentine et de Bolivie. De Buenos Aires à La Paz, un répertoire qui prend racine dans l’histoire de ces pays d’Amérique du Sud marquée par les dictatures et par l’héritage des peuples natifs. Un périple musical interprété par trois instrumentistes : le duo WapitiGeneviève Liboiron (violon) et Daniel Áñez Garcia (piano) – et Émilie Girard‐Charest (violoncelle); un concert déambulatoire jalonné d’installations vidéographiques signées Andrés Salas.

Wapiti s’est produit notamment au Centro Nacional de las Artes à Mexico et, à Montréal, au festival Montréal/Nouvelles Musiques de la Société de Musique Contemporaine du Québec (SMCQ).

âgés et déjantés – eclectik 2018

Pythia, solo de Jacqueline Van de Geer (Edgy Redux, 2015) © Valerie Sangin

L’artiste plus âgé brille de mille feux au MAI avec Eclectik 2018, qui s’inspire d’ Older & Reckless, une série de performances chorégraphiques célébrant la danse mature, produite par le MOonhORsE Dance Theatre de Toronto.

Âgés et déjantés met en vedette des artistes de 55 ans et plus de la diversité, sensibilise le spectateur aux défis actuels et nouveaux avec lesquels doivent composer les artistes plus âgés et aborde une multitude d’enjeux comme le langage employé pour discuter de la vieillesse et la pertinence ou redondance générationnelle relative à l’art.

L’initiative se révèle foncièrement perpétuelle; il s’agit d’un moyen de résister, de conserver ou de retrouver sa visibilité. Une véritable célébration en soi.

Tu ne te retourneras pas

Sous le nom de scène de Hazy Montagne Mystique, Chittakone Baccam livre des performances surprenantes et plonge l’auditeur dans des ambiances lunaires, méditatives et bruitistes. Avec Tu ne te retourneras pas, l’artiste sonore explore ses racines laotiennes et la pratique expérimentale qu’il a développée au Québec. À la faveur de distorsions, transformations et échantillonnages, la performance audiovisuelle puise dans les archives familiales : cassettes enregistrées par ses grands-parents et compilations de musique molam traditionnelle. Tu ne te retourneras pas,évoque les souvenirs du pays laissé derrière soi, dont les images finissent inévitablement par se brouiller au fil du temps.

Cofondateur de l’étiquette Jeunesse cosmique Baccam est très actif sur la scène musicale expérimentale avec plus d’une centaine de productions.

Own Your Voice

Madame Gandhi. Credit: Wendy Figueroa
Wendy Figueroa

Évoluant sous le nom de scène Madame Gandhi, Kiran Gandhi est une artiste de musique électronique et une activiste qui habite Los Angeles. On la connaît comme l’ancienne batteuse de M.I.A., de Thievery Corporation et de Kehlani et comme celle qui, en 2015, courut le marathon de Londres en pratiquant le free bleeding. Aujourd’hui, elle produit une musique qui magnifie et célèbre la voix des femmes.

La pièce « The Future is Female » de Madame Gandhi s’est invitée au huitième rang du top 50 américain de Spotify au lendemain de la Women’s March de 2017, et son premier EP, Voices, a suscité des critiques dithyrambiques de la part de médias comme FADER, Paper Mag et Milk. Elle travaille actuellement à la création de son premier album.

 

Wàsakozi

Mich Cota. Credit: Jordan Minkoff
Mich Cota

En langue algonquine, Wàsakozi, « wah-suh-koh-sheh », signifie « lustre », reflet de lumière. Wàsakozi, prend la forme d’un opéra et suit le parcours d’Odjìshìngwe, un être non genré, enfant de la lumière et de l’obscurité, de sa naissance à sa mort puis à sa renaissance. La pièce sillonne les enjeux liés à l’identité tout en mettant à l’avant-plan l’autodétermination autochtone.

Mich Cota est une femme algonquine mixte bispirituelle qui navigue entre les communautés et les disciplines. Ses œuvres portent aux nues les identités queer, la visibilité des personnes trans et le spectre de l’autochtonie. Elle a récemment remporté le prix de l’œuvre musicale la plus importante dans un format alternatif aux Indigenous Voices Awards 2018.