Strike/Thru

© Adrian Morillo

Rencontre interdisciplinaire entre deux vieilles amies, STRIKE/THRU réunit l’artiste visuelle canadienne-française d’origine algonquine Nadia Myre et l’artiste de théâtre Johanna Nutter dans une exploration des malaises liés au fait d’être Autochtone ou non-Autochtone. Six membres du public reconstruisent une conversation enregistrée entre des gens aux origines métissées, un écrivain invité réinterprète les intentions des artistes sur une dactylo des années soixante tandis que les camarades de jeu enregistrent et évaluent leurs espaces personnels et politique. Les constructions identitaires s’en trouvent chamboulées. Véritable élan vers la conciliation et la réconciliation, cette œuvre traduit brillamment le climat actuel entourant les relations entre Autochtones et colons.

Nadia Myre et Johanna Nutter sont récipiendaires du Programme Alliance du MAI (Montréal, arts interculturels).

Bijuriya

Paul Neudorf + Jonathan Goulet

Gabriel est compositeur de musique et vocaliste expérimental. Bijuriya est artiste de drag inspirée par la culture Sud-asiatique. Gabriel valorise la prise de risques et l’innovation, évoluant au sein de scènes artistiques eurocentriques. Sur les réseaux sociaux et par le lip-sync, Bijuriya touche le cœur de personnes queer brunes. Bien que Gabriel et Bijuriya aient en commun la marginalité de leurs pratiques, leurs publics sont très différents. Gabriel et Bijuriya sont une seule et même personne ; il est temps de les réunir sur scène. Intervertissant constamment les codes entre le drag, le discours critique et le chant expérimental, cette pièce rend hommage à la brunitude de l’artiste en déclinant la gamme de ses talents surprenants. Une exploration décalée et vulnérable de son inaptitude à représenter entièrement leurs sous-cultures.

Gabriel Dharmoo est récipiendaire du Programme Alliance du MAI (Montréal, arts interculturels).

whip

© Marchel B. Eang

Dans whip, duo de 60 minutes interprété entièrement en cagoules de cuir, les interprètes sont aveuglé-e-s tout au long de la pièce. Inspirée par les balancements de tête virtuoses que l’on trouve dans une multitude de formes de danse, la présence des cagoules fait également référence à la culture axée sur le consentement propre à la communauté BDSM. Les corps mis en jeu explorent l’acte de donner et de recevoir à travers une vaste gamme de contacts physiques. Cette création fait appel à un éclairage interactif et à une trame sonore originale. 

Une coproduction de FakeKnot et de MAI (Montreal, arts interculturels), dans le cadre de  Queer Camp Performance.

Sheuetamᵁ

© Armance Gallaud

Convoquant la présence d’un être bispirituel dialoguant avec le territoire et un dispositif technologique, Sheuetamᵘ est une installation déambulatoire et sonore créée par l’artiste interdisciplinaire Innue Soleil Launière, qui se déploie continuellement pendant 5 jours. 

Faisant appel à un état de porosité, la performeuse-forêt fait corps avec les êtres végétaux qui l’entourent. Sa relation avec le territoire se décline en chant vocal, sons et images, notamment grâce à une technologie expérimentale reposant sur des capteurs de bio data. 

Entremêlant le passé, le présent et le futur, cette pièce-rituel puissante amplifie la présence Autochtone, déstabilisant le récit de la modernité capitaliste et coloniale. Le public peut s’y immerger à n’importe quel moment de la journée, partir et, s’il le souhaite, revenir.

ZOM-FAM

© Val Bah

Performance solo de Kama La Mackerel, ZOM-FAM, combine poésie, conte et danse. À la fois personnel et politique, ZOM-FAM (qui signifie « homme-femme » en créole mauricien) est le récit d’un-e enfant transgenre vivant sur une plantation de canne à sucre à l’île Maurice pendant les années 1980-90. Maniant une multitude de voix et imprégnée d’une narration complexe, ZOM-FAM mêle invocations ancestrales, langues maternelles, débris de langages coloniaux et une subjectivité queer et délicate, dan un contexte d’esclavage et d’engagisme. Kama La Mackerel est un-e artiste pluridisciplinaire, écrivain-ne, éducateur-trice et médiateur-trice culturel-le qui vient de l’île Maurice et vit à Tio’tia:ke (Montréal) au Canada.

Kama La Mackerel est récipiendaire du Programme Alliance du MAI (Montréal, arts interculturels).

Série Sonique & Syllabe (reporté-covid19)

Série Sonique et Syllabe
© Nancy Tam

Le son nous entoure, même lorsqu’il semble silencieux.
La rotation de la terre autour de son axe.
La rotation de la terre autour du soleil.
Le son des tremblements de terre.

Mastiquer.

Le son de l’art.
3 œuvres qui commencent par l’écoute.

WHITE [ARIANE]

White Ariane
© Bas de Brouwer

ARIANE est la fille que Nancy (une Sud-Américaine) n’a jamais eue. Nancy écrit un journal pour ARIANE pendant qu’elle grandit en son sein, sans savoir qu’elle attend plutôt un garçon. Vingt-huit ans après avoir donné naissance à cet enfant, Nancy traverse l’Atlantique pour révéler à son fils l’existence de ce journal. À partir des mots du journal de sa mère, ARIAH LESTER (Lester Arias), compose des chansons et crée une sorte d’entre-deux : laideur et beauté, féminité et masculinité, lumière et ténèbres, concert et théâtre, opéra et burlesque, ARIANE / LESTER / ARIAH.

Real’s fiction\dissonant_pleasures

Cette danse est une chanson que nous entonnons pour être ensemble. Cette chanson est délibérément simple, de sorte à ouvrir l’accès au corps le plus musicalement timide. Elle nous permet de nous écouter mutuellement et de trouver, par l’entremise du chant, l’équilibre entre union et unité : « à quel point pouvons-nous être proches sans pour autant fusionner en un tout »?

Cette salle attend que nous parlions. Elle capture nos murmures et nos secrets et les redistribue ailleurs et tout près. Ces planches nous invitent à mentir. Cette œuvre est presque réelle. Le monde que nous recherchons n’est pas pour nous.

Camille : un rendez-vous au-delà du visuel

Camille : un rendez-vous au-dela du visuel
© Laurence Gagnon Lefebvre

Dans cette œuvre immersive qui n’implique pas la vision du spectateur, le public suit le protagoniste d’une peine d’amitié dans une traversée d’émotions et de souvenirs où l’intime est tangible. Conçue pour un public vivant en situation de handicap visuel, cette expérience multisensorielle, accessible à tous, est un espace de découverte qui invite à la rencontre de manière franche et sensible. Artiste interdisciplinaire montréalaise, Audrey-Anne Bouchard s’inspire de son handicap pour développer une nouvelle forme artistique. Elle allie une réflexion sur l’expérience sensorielle en danse, amorcée à la maîtrise (Nice/Bruxelles), au développement d’une pratique en mise en scène.

Carrion

Carrion
© Alex Davies

Être humain dans une ère où notre influence destructrice sur la planète redéfinit les lois de la nature à la vitesse grand V, qu’est-ce que cela signifie ? Cette performance solo envoûtante de Justin Shoulder met en vedette Carrion, sorte de spectre post-humain capable de se métamorphoser en une multitude de formes et de parler une multitude de langues. Affrontant les affres de l’accélération évolutionniste forcée, il vagabonde au milieu d’un site archéologique et se transforme : fantôme venu de l’Ouest, virus, trickster, oiseau préhistorique. Mêlant spectacle de club à la dramaturgie de Victoria Hunt sur l’exploration corporelle brute, Carrion puise à même les mythologies queer et biculturelles ancestrales.